Cracolandia

Cracolândia 2017

São Paulo, le 21 mai 2017. Il est 9h00. L’odeur du café emplit la cuisine pendant que je regarde machinalement les dernières actualités. Une vaste opération policière vient d’avoir lieu dans le quartier appelé Cracolândia, “le pays du crack”, situé dans le Vieux Centre de São Paulo. À quelques rues de la gare Lumière, ce matin-là, le temps s’obscurcit.

Cracolândia

Réputé depuis les années 90 pour son trafic de drogue et de prostitution, le quartier est le refuge de nombreuses personnes sans-abris et usagers de crack, au milieu d’un grand bric-à-brac de tente et cabanes de fortune. Au passage, on dit “habitants des rues” (moradores de rua), en brésilien, pour désigner un sans domicile fixe.

Depuis 2005, les autorités publiques mènent une politique répressive afin de résorber le “flux” (fluxo), comme l’appellent les usagers. Un projet de rénovation urbaine est lancé en 2007, appuyé par des mesures fiscales sur l’immobilier.

Dix ans plus tard, Cracolândia existait encore.

Politique sociale et usagers de crack

À partir de 2014, la mairie de São Paulo met en place le programme “À bras ouverts” (Braços Abertos), qui propose un accompagnement en milieu ouvert pour les personnes dépendantes.

En ce dimanche de mai, sous la pluie, João Doria nouvellement élu en 2016 met fin au projet. La feuille de route aujourd’hui appelée “Rédemption” prévoit un logement et un accompagnement social dans le cas où la personne reste abstinente. Dans la même ligne politique biblico-moyenâgeuse, un récent décret permet aux agents municipaux de retirer les biens des “habitants des rues”, pour des motifs d’entretien de ces dernières.

“Il n’y a pas de drogués heureux”, écrivait Claude Olievenstein, psychiatre français,  qui expliquait dans une colonne du journal Le Monde de novembre 1986, la raison de son hostilité aux politiques répressives, condamnant “une partie du grignotage de l’État de droit par l’État de force”.

Pour faire accepter cela aux gens, il faut trouver des boucs émissaires aux marges de la société. Aujourd’hui, les toxicomanes sont tout indiqués”.

Aujourd’hui, les visages sont fermés à Cracolândia. Les forces de l’ordre ont nettoyé les rues en retirant tous les objets des occupants qui se sont réfugiés sous la couverture d’une station service. Tout à l’heure est un jour.

Cracolandia

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Photo: Vincent Bosson Photography

Photographe freelance

Vincent Bosson photography

Vincent Bosson est photographe freelance installé à São Paulo.

Réalisation de reportages dédiés aux événements, médias et entreprises. Séances photo pour books et portraits.

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