Déforestation: le combat des Guarani de São Paulo

Les Indiens guarani du Pico de Jaraguá, situé au nord-est de la cité pauliste, se sont réveillés au son des tronçonneuses. Le groupe immobilier Tenda a commencé à abattre des arbres de la Mata Atlântica, aux abords des villages Ytu, Pyau et Yvy Porã. L’entreprise prévoit de construire cinq tours résidentielles de haut standing et a obtenu, d’après le courrier envoyé aux Guarani, l’autorisation de couper 4000 arbres d’une forêt secondaire constituée de végétation native et d’eucalyptus. Selon les avocats de la société, il ne s’agit que d’eucalyptus isolés.

Or, d’après la convention 69 de l’Organisation internationale du travail, un traité qui a été signé par le Brésil, aucun chantier ne peut se réaliser sans la consultation préalable des communautés autochtones. Après avoir informé le Ministère public, la FUNAI – la Fondation des indiens -, les Guaranis se sont rassemblés pour occuper et protéger la forêt encore sur pied.

Pendant que les hommes, arborant leur peinture de guerrier, évaluent les dégâts, les enfants se faufilent entre les corps d’arbres gisant à terre, les bras écartelés comme des branches, les doigts flétris comme des feuilles sèches.

Dans les décombres, les secouristes trouvent un oiseau blessé et un oisillon mort, pour qui ils édifient une sépulture de tiges et de mousses végétales. Aussi, pour le délice des papilles, des essaims d’abeilles sont tombés à cause de l’abattage d’un grand cèdre. Toutefois, non seulement les abeilles sont sacrés pour les Guarani, mais l’espèce Uruçu-Amarela Melipona rufiventris – est aussi en danger d’extinction.

Selon le cacique David Karai Popygua: 

«Avec une végétation détruite, les animaux sylvestres ont perdu leur maison. D’un certain point de vue, ils ont été assassinés».

Les agents de sécurité et les ouvriers du chantier retirent leurs machines

Les Indiens vont occuper la forêt entaillée, jusqu’à ce que le Ministère public se manifeste. Des cérémonies funèbres sont également réalisées dans la zone massacrée, au nom de Nhanderu, le Dieu créateur chez les Guarani, pour la malveillance et les agressions subies par les esprits qui protègent les peuples de la forêt.

partie de la forêt qui a été abattue
Le cacique David Karai Popygua
Les hommes évaluent les dégâts
Indien guarani récupérant le coeur du palmier qui a été abattu
Les ouvriers enlèvent leurs matériels
Les pieds en sang
Nid de l’oisillon mort
L’essaim d’abeille
L’oiseau blessé dans les mains de la cacique
La cacique vérifie le ailes de l’oiseau
Sépulture de l’oisillon mort
Barricade du chantier occupé par les Guarani
reflet
Guerriers Guarani
Chants funèbres
Groupe d’Indiennes en train de chanter
Vue sur la tour de télécommunication du Pico de Jaraguá

Photographe freelance

Vincent Bosson photography

Vincent Bosson est photographe documentaire installé à São Paulo.

Réalisation de reportages pour médias, entreprises et particuliers

Plus d'informations: Contact


 

Ateliers et balades photographiques

Liberdade 07-04-5Découvrez tous les secrets de la photographie numérique à travers des balades urbaines organisées à São Paulo.

Stage complet pour apprendre et approfondir ses connaissances photographiques.

Plus d'informations: workshop


 

Photographies de São Paulo

Musée à ciel ouvert-9

São Paulo, belle et anarchique beauté

São Paulo, belle et anarchique beauté est une série de photographies dont le thème porte sur la mégalopole brésilienne et le street art.

Pour plus d'informations: São Paulo


 

Le livre: “Des tropiques pas si tristes”

Livre illustré de 179 pages. Format 18X23,

Il est composé de 113 photographies en noir et blanc et couleur. Récit du reportage. Ouvrage en auto-édition.

Pour plus d'informations: Le livre


 

One thought on “Déforestation: le combat des Guarani de São Paulo

  1. Je découvre ce reportage poignant et si nécessaire que vous avez réalisé aux portes de São Paulo. Merci Vincent!
    Pourrais-je faire quelque chose pour aider ces guaranis? Malheureusement j’ai mon permis de conduire suspendu, mais je suis prêt à aider.
    Appelez-moi et on pourra échanger sur ce sujet
    Bien à vous

    Edmond Aparicio (11) 989 62 31 30

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.