La fièvre Lula

Lula Inacio da Silva a été condamné, en seconde instance, par le tribunal correctionnel de Curitiba, pour des faits de corruption impliquant un triplex situé à Guarujá, sur le littoral pauliste. 12 ans de requis pour ce personnage charismatique de 72 ans qui est autant détesté qu’adulé par les Brésiliens. Candidat? Incarcéré? Suspense, il faudra sans doute attendre quelques mois encore pour connaître son sort.

Une centaine de personnes est réunie sur l’Avenida Paulista, célébrant dans l’allégresse la décision des juges. Acclamations divines, hymne national et remerciement aux militaires. Tout un programme. Place de la République, les supporters à Lula se comptent par milliers. Malgré les visages fermés, ils ont encore l’espoir que leur champion se présente à la prochaine élection présidentielle, qui se déroulera à partir d’octobre 2018. Acclamations de foi, batucada et brochettes. Tout un programme.

Malgré leurs différences de point de vue sur la situation, il est nécessaire de noter que les deux parties ont bien plus de points communs qu’ils ne l’imaginent. En tout cas, j’ai toujours été reçu, pendant mes pérégrinations, avec le même sourire. 

Aperçu de la presse brésilienne (photo de première page):

  • Exame: Idées, leaders et produits de 2018
  • Pesquisa: La fièvre jaune
  • Veja: Lula à un pas de l’abîme
  • Istoé: Lula: Pourquoi personne ne réussit à l’attraper?

Acte I: La joie

Lors de la prière sur l’Avendida Paulista. Sur la pancarte, Moro, le juge qui a condamné Lula en première instance.

Pendant l’hymne national. Des supporters de Bolsonaro, le candidat d’extrême droite au Brésil. Il arrive en seconde position dans les intentions de vote, après Lula.

Des marionnettes de Moro, Dilma Roussef et Lula, vendues à São Paulo.

Un selfie canin.

MBL: Mouvement Brésil Libre est une organisation politique qui s’est constituée pendant la destitution de Dilma Rousseff, en 2016. MBL est considéré comme un parti conservateur et prône un état faible.

Des futurs électeurs de Bolsonaro, montrant un t-shirt sur lequel un extrait de l’hymne nationale brésilien est inscrit. Le passage complet et en français:

Mais si de la justice l’arme forte tu brandis,
Tu verras qu’aucun de tes enfants la lutte ne fuit,
Ni ne craint, celui qui t’adore, même la mort

En gros, pour se battre contre l’injustice, tu prends un bon gourdin en bois, même au sacrifice de ta vie.

Les manifestants réunis sur l’avenue Paulista. Sur la banderole du camion son est indiquée: “ensemble, nous sommes plus fort, avec Dieu, nous sommes invinsibles”.

Parmi les autres représentations politiques, on retrouve, d’une part, les “Revoltados on line”, qui sont en faveur du port d’armes, notamment. D’autre part, la Ligue Mondiale Chrétienne, une entité qui défend la foi chrétienne.

Acte II: un futur incertain

Place de la République, à São Paulo, des militants du syndicat CUT (Centrale Unique des Travailleurs) en train de déguster des brochettes de viande. 

Les vampires du Brésil, selon le CUT: Michel Temer, l’actuel président du Brésil, la chaîne Globo et les batteurs de casseroles, les gens qui manifestaient en faveur de l’impeachment de Dilma Rousseff. 

Sur la pancarte est indiquée: “Avec Lula, contre la réforme de la retraite”.

Sur l’affiche est écrit: “Empêcher la prison à Lula”

Des militants du MST, le Mouvement des Sans Terre.

“Lula est amour”, ça va faire grincer certain.

Un manifestant habillé en “cangaceiro”, un personnage mythique du nord-est du Brésil, moitié mercenaire, moitié héros. 

 

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