Petit lexique politique brésilien

Dans la rue, les manifestants brésiliens utilisent un champ lexical singulier, lié au corps, et souvent à l’estomac.

Dans l’excellent film de Marcos Jorge, “Estômago“, le personnage principal, un cuisinier migrant vers la cité, va nous mener dans une tendre fable mêlant bouffe, sexe et pouvoir. Il goûtera à la gloire, notamment grâce à ses délicieuses coxinhas, prononcez “cochignase”.

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La coxinha

La coxinha, qui signifie littéralement «petite cuisse» en brésilien, désigne d’abord un célèbre salé. En forme de goutte, il s’agit d’une sorte de beignet fourré à la pomme de terre et au poulet.

Ensuite, la coxinha désigne également les manifestants opposés à Dilma Roussef. Mais d’où vient ce fameux surnom?

J’apprendrais que pendant la dictature des années 80, les policiers avaient l’habitude de manger des coxinhas bon marché, que leur permettait d’acheter le bon de réfection de l’époque. Ainsi, dans le jargon populaire, coxinha suggère une personne plutôt conservatrice.

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La mortadelle

La bataille politico-culinaire se poursuit avec la mortadelle. Importée par les Italiens au XIXe siècle et très populaire au Brésil, elle désigne des personnes plus modestes et, en ce qui nous concerne ici, les manifestants en faveur de Dilma Rousseff.

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Le panelaço

En 1984, Chico Buarque chantait «Ouvi a cidade de noite batendo as panelas», en français «J’ai entendu la cité nocturne taper sur les casseroles».

Trente ans après les casseroles contre la dictature militaire, elles reviennent aujourd’hui dans la rue pour dénoncer un gouvernement corrompu et une politique économique désastreuse.

En outre, il s’agit de l’arme préférée des habitants de São Paulo qui tambourinaient sur une poêle à frire, à l’aide d’une cuillère en bois, lors des allocutions télévisuelles de Dilma Roussef, avant sa destitution.

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Le buzinaço

Autre arme de protestation contre la politique brésilienne, les automobilistes occupent l’espace en klaxonnant frénétiquement dans la rue.

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Le vomitaço

À la suite de la destitution de Dilma Rousseff, deux Brésiliens ont créé une émoticône devenue très vite populaire, représentant un Smiley en train de vomir sur tous les politiques nauséeux. C’est lors du vote des députés pour ou contre l’impeachment de Dilma Roussef que l’idée germe. Alors que deux députés se crachent dessus, et devant le spectacle pittoresque des parlementaires, les deux ingénieux créateurs se demandent alors pourquoi les Brésiliens ne vomiraient pas sur leurs députés. D’après un pote docteur, il s’agirait d’une bonne indigestion politique.

Texte et Photographies: Tous droits réservés Vincent Bosson

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Vincent Bosson est photographe documentaire installé à São Paulo.

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