Protéger les territoires indiens du cannibalisme occidental

Le Lycée Pasteur de São Paulo accueille l’exposition “Des tropiques pas si tristes, sur les traces de Claude Lévi-Strauss”, du 4 septembre au 4 octobre 2019. Cette invitation s’inscrit dans le cadre du projet institutionnel: “Regards croisés sur le monde amérindien”.

Voici quelques moments du vernissage qui s’est déroulé le 16 septembre en présence de Monsieur le Consul Général de France à São Paulo, M. Brieuc Pont, la direction du Lycée Pasteur et le Proviseur, M. Christophe Nerrand. Photographies: Bruno de Bonneval.

Le mot du Proviseur en ouverture du livret d’exposition

Vincent Bosson nous invite à un voyage, sur le chemin de l’altérité.  Son regard se pose; prend le temps d’observer et de nous restituer une humanité dans ses paysages.

Son choix n’est pas seulement de suivre l’itinéraire tracé par Claude Lévi-Strauss, mais de l’apprivoiser et de lui redonner une nouvelle vie par la photographie, dans le respect d’une vie en société “faisant partie intégrante de la nature et non en dehors de celle-ci”.

Les images ne figent pas le quotidien et s’attachent à nous emmener dans un compagnonnage de voyage, à la découverte de différentes communautés amérindiennes au cœur de ce beau Brésil.

Vincent Bosson partage avec nous, avec pudeur, le quotidien vécu entre les mondes. Sa richesse est celle d’un regard profond, attentif aux gestes apaisants du quotidien, dans un environnement parfois secret.

Le bonheur est aussi partagé, saisi par un objectif qui sait autant capter l’instant que de prendre le temps de la pose. Cette rencontre est celle de l’amitié, du respect et d’une profonde certitude en la force de l’altérité.

le mot du photographe

J’aurais préféré venir avec un cocar indien, je me présente avec un coquard à l’oeil. Un trottoir s’est jeté sur moi et c’est le trottoir qui a été le plus fort.

Cela fait bientôt deux ans que ma femme mange de l’Indien à tous les petits déjeuners. Un jour, elle me dit: «Je vais commencer un régime d’anthropophagie!»

Je lui répond alors: «Ah non! On a arrêté les churrascos pour sauver l’Amazonie, on ne va pas se mettre à manger de la chaire humaine!»

Elle insiste: Claude Lévi-Strauss n’a-t-il pas écrit “qu’après tout, le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même, c’est encore de le manger”?

Je reconnais que l’on pourrait se fournir sur le marché noir, mais la provenance de la marchandise resterait néanmoins douteuse. On serait capable de nous refiler de la viande de cheval!

J’ai fait référence au livre «Nous sommes tous des cannibales», où l’auteur met en exergue notre tendance à l’ethnocentrisme. Dans le bouddhisme, par exemple, toute chaire est considérée comme une nourriture cannibale.

C’est en relisant l’ouvrage «Tristes tropiques» que j’ai voulu rendre hommage à Claude Lévi-Strauss et aux Indiens que le chercheur a rencontrés dans les années 30 au Brésil. C’est aussi une façon d’interroger notre rapport aux savoirs et à ce qui nous entoure, étant donné que ces éléments conditionnent, en partie, notre manière de penser et d’agir dans le monde.

Radio web du Lycée Pasteur

J’ai également été invité à la WebRadio du Lycée Pasteur pour échanger avec les élèves de primaire et de terminale sur l’exposition “Des tropiques pas tristes, sur les traces de Claude Lévi-Strauss”. Je tiens à remercier touts les participants qui se sont impliqués dans ce travail titanesque.

Voici quelques repères pour aider à l’écoute:

  1. l’USP est l’Université de São Paulo, où Claude Lévi-Strauss a enseigné dans les années 30 au Brésil.
  2. Concernant l’histoire du Père Noël, je vous invite à revisiter le texte de Claude Lévi-Strauss « Le Père Noël supplicié » Les Temps Modernes , mars 1952. 
  3. Au sujet de “l’intégration désintégrante” d’Egard Morin, vous pouvez visiter le site Persée qui propose l’article suivant: “Pour une crisologie“, de 1976  
  4. La “roça” est l’espace destiné aux cultures agricoles.
  5. Les “queimadas” sont une pratique agricole amérindienne, dont l’objectif est de nettoyer une zone déboisée en brûlant le reste des végétaux pour y planter des céréales. La technique du brûlis est également utilisée par l’industrie agro-alimentaire, dont les conséquences, à l’échelle industrielle, sont dévastatrices. 
Évolution de la pratique du brûlis au Brésil

Interview avec les Terminales

Professeur encadrant: Juliette Planche, Technique: Eric Tabbone, Édition: Bruno Fagundes et Vincent Bosson (durée: 32:54)

WebRadio avec la classe des Primaires, Photo Eric Tabbone

Interview avec les Primaires

Professeur encadrant: Heimata Lemaire, Technique: Eric Tabbone, Édition: Fabrice Wall et Vincent Bosson (durée: 28:40)

Photographe freelance

Vincent Bosson photography

Vincent Bosson est photographe documentaire installé à São Paulo.

Réalisation de reportages pour médias, entreprises et particuliers

Plus d'informations: Contact


 

Ateliers et balades photographiques

Liberdade 07-04-5Découvrez tous les secrets de la photographie numérique à travers des balades urbaines organisées à São Paulo.

Stage complet pour apprendre et approfondir ses connaissances photographiques.

Plus d'informations: workshop


 

Photographies de São Paulo

Musée à ciel ouvert-9

São Paulo, belle et anarchique beauté

São Paulo, belle et anarchique beauté est une série de photographies dont le thème porte sur la mégalopole brésilienne et le street art.

Pour plus d'informations: São Paulo


 

Le livre: “Des tropiques pas si tristes”

Livre illustré de 179 pages. Format 18X23,

Il est composé de 113 photographies en noir et blanc et couleur. Récit du reportage. Ouvrage en auto-édition.

Pour plus d'informations: Le livre


 

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