Carnaval Rio Vincent Bosson Photography

Rio: carnaval, pagaille et politique

Le carnaval de Rio de Janeiro 2017 se termine après plusieurs semaines de fêtes, litres de bière enfilés, capotes distribuées et drogues infusées, ou peut-être le contraire.

Cette rocambolesque célébration est marquée, cette année, par de nombreux incidents au sambodrome et plusieurs expressions politiques, dans les rues, avec les fameux «blocos», et dans l’arène carioca, en fonction des thèmes choisis par les écoles de samba lors du défilé.

Incidents au sambodrome

Au Brésil, il y a deux choses qui fonctionnent correctement, l’embrouillamini et le carnaval. Et ça marche plutôt bien. Mais cette fois-ci, un char allégorique incontrôlable a fait plusieurs blessés, dont 3 graves. Ce n’était jamais arrivé. De plus, plusieurs engins fantasmagoriques sont tombés en panne, entraînant de nombreuses pénalités aux écoles de samba.

On a hâte que cette soirée se termine, me lâche même un journaliste brésilien habitué au lieu.

Photo: Ambulance au sambodrome Marquês de Sapuçaí pendant le défilé 2017

Débat politique ou écriture de l’histoire ?

Dans l’enceinte du sambodrome, la déambulation de plumes et de paillettes danse au rythme d’un thème, ou l’« enredo-samba » en brésilien. Et certaines écoles ont choisi, pour l’occasion, de mettre en scène leurs opinions politiques visant différents lobbyings ou encore les affaires de corruptions impliquant une grande partie du pouvoir brésilien.

Tout comme dans les « blocos », ces groupes constitués de plusieurs centaines de personnes qui suivent troupes musicales et orchestres en tout genre, parmi lesquels le bloco « Fora Temer ». En français, « Dehors Temer », le président actuel du Brésil qui a pris ses fonctions à la suite du processus de destitution de Dilma Rousseff.

Carnaval Rio 2017 Vincent Bosson Photography

Photo: Deux énergumènes du bloco “Fora Termer” déambulant dans les rues de Rio.

Toutefois, même si l’on désigne cette manifestation de politico-carnavalesque, puisqu’il s’agit aussi d’une prise de possession de l’espace public et d’y être reconnu, que ce soit au sambodrome ou dans la rue avec les blocos et les bate-bola (groupe déguisé issu de quartiers plus défavorisés), on peut supposer que le peuple brésilien écrit aussi une partie de son histoire à travers ces parades artistiques et populaires.

Photo: un membre du groupe bate-bola “Atividade”

C’est en quelque sorte une «digestion» des événements qui ont marqué le peuple brésilien au cours de ces dernières années. Les festivaliers mettent en scène toute cette chimie dans un subtil mélange d’humour et de vives émotions.

Photo: cacique pendant le défilé de l’école Imperatriz Leopoldinense

Une présence symbolique

Finalement, le seul vrai acte politisé de ce carnaval a été incarné par les Indiens qui étaient présents. Les caciques que je photographie pendant la grande parade détournent le regard de mon appareil. Ce regard fuyant me paraît d’autant plus puissant, car, sans doute, je représente à leurs yeux tout ce que la modernité peut faire de pire.

Un danceur habillé d’un pulvérisateur de pesticide. L’école Imperatriz Leopoldinense a défilé sur le thème des tribus «Xingu» qui sont menacées par la déforestation, l’utilisation de pesticide et la construction de barrage hydraulique.

Un comédien peint de boue tenant une pancarte surlaquelle est écrit: “douleur”. Beija-Flor a interprété un hymne aux fleuves, en rappelant l’une des plus grandes catastrophes écologiques du Brésil. Les coulées de boues toxiques de l’usine Samarco qui ont pollué le Rio Doce en novembre 2015, causant la mort de 19 personnes et détruisant le village de Mariana.

«Odebrecht est primé»: en référence à l’affaire Petrobras, dans lequel l’homme d’affaires brésilien Marcelo Odebrecht a gagné un oscar. En dénonçant ces petits camarades politiques, il a obtenu en échange une réduction de peine. Dans le jargon judiciaire, on appelle cela la «delação premiada», ou littéralement, en français: «la délation primée».

«Pinto de graça»: «Je peins gratuitement» ou «bite gratuite», à vous de voir.

Des festivaliers dançant sur du funk carioca dans les rues de Rio.

Un membre du bate-bola “Atividade”: l’artificier

Bloco Toco-Xona: Musique rock & pop. L’un des protagonistes tient dans une main une bouteille d’alcool appelée “Selvagem”. Et je vous déconseille vivement ce breuvage au gout de jus de raisin à la graisse de chevaux de bois.

Voici les autres engrédients tropicaux et émoustillants de ce doux nectar:

  • le catuaba: plante aphrodisiaque et stimulante originaire du nord du Brésil
  • le guarana: fruit amazonien qui contient une forte teneur en caféine
  • et le marapuama: un arbre dont l’écorce et les racines ont des propriétés aphrodisiaques.

Texte et photogrphies: Tous droits Réservés Vincent Bosson

Photographe freelance

Vincent Bosson photography

Vincent Bosson est photographe documentaire installé à São Paulo.

Réalisation de reportages pour médias, entreprises et particuliers

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